Voyage au centre de la terre - Aven du Mas Raynal - Aveyron
Certains se
réjouissent d'avoir des blettes dans leur panier.
Avec le retour du mauvais temps, voilà notre râleuse de retour. Cette fois, elle ne comprend pas pourquoi les salades sont « sales » et en plus avec des limaces ...
Nous lui avons gentiment expliqué que les salades poussent dans la terre et quand il pleut, y'a quelques désagréments si vous voyez ce que je veux dire.
Mais après quelques recherches sur la toile, je découvre avec horreur que pour certains ce serait même plus écolo que la production en pleine terre ...
no comment
Existerait-il du bio industriel pas très écologique ?
A chaque distribution, il y a toujours quelqu'un pour se plaindre du contenu des paniers, y sont pas assez gros, les légumes sont pas beaux. Alors messieurs, dames j'ai relevé le prix de notre panier cette semaine, il nous en aurait coûté 22 € au supermarché. Pour mémoire, nous l'avons payé 15 € ...
Pour la « beauté » du légume, c'est sûr y'a pas de fioriture, les patates sont livrées avec de la terre, les salades avec leurs habitants, les concombres ont un coté un peu abîmé, c'est normal chez notre producteur ils ne poussent pas suspendu.Et les tomates sont ramassées mûres et ne se conservent pas toujours une semaine parce qu'elles n'ont pas été stockées 8 jours en chambre froide.
Quand aux aubergines un peu molle, c'est parce qu'elles sont pas gorgées d'eau et les courgettes trop « grosses » elles sont excellentes farçies.
Donc, à tous les grognons du panier, si vous n'êtes pas contents, on ne vous retient pas. Quand on adhère à une AMAP, certes on attend des produits de qualité mais l'objectif n'est pas de les payer moins cher qu'au supermarché, l'objectif est de les payer le vrai prix au producteur.
Alors à ceux qui espéraient nourrir une famille de 6 personnes avec un panier à 15€, vous êtes dans l'erreur et j'en suis désolée, la vie est chère mais pour les maraîchers comme pour vous. Et celles qui veulent choisir le calibre de leurs courgettes quand il y a un kilo par personnes, on réparti une grosse et une petite, c'est plus équitable, si le sens de ce mot vous est inconnu, vous n'avez rien à faire parmi nous.
Je suis un peu agacée ce soir, deux distributions consécutives, pour cause de manque de volontaires en cette période de vacances et deux fois la même vieille à me faire des réflexions, aujourd'hui j'ai même cru qu'elle allait peser la barquette de tomates cerises pour vérifier qu'on ne la volait pas de 10 g.
Le saviez-vous, l'un des prédateurs du puceron est la coccinelle, ou plutôt sa larve...
Dans les années 80, l'INRA a
expérimenté la lutte biologique dans des exploitations agricoles en utilisant une espèce originaire d'asie, harmonia axyridis.
Pourquoi avoir fait ce choix? Bonne question, et bien parce que cette petite bête est bien plus vorace que nos espèces indigènes, allant jusqu'à se nourrir des larves de ces congénères lorsque la nourriture vient à manquer.
Nous aurions pu en rester au stade expérimental, mais c'était sans compter sur l'essort du jardinage biologique dans les années 90.
A cette époque, des sociétés ont eu l'idée de commercialiser des larves de coccinelle pour lutter contre les pucerons dans nos jardins. Parmi ces sociétés, il y a celles qui sont restées sur la commercialisation de souches indigènes et d'autres qui ont retenu la filière axyridis pour une question de rentabilité.
En effet, cette espèce a une autre qualité importante pour le commerce, elle est plus féconde que nos espèces locales, moins sensible au variation de température, donc plus facile à transporter et un élevage est bien plus vite rentabilisé. Et puis elle ne devait pas supporter nos températures hivernales, donc tous les ans au printemps, c'était de nouvelles ventes en perspective !
Et là surprise, cette espèce est devenue commune dans certains jardins de France, même au nord de la Loire.
En soi, cela ne serait pas gênant, si elles n'avaient pas quelques mauvais coté, à l'automne, elles peuvent se nourrir de fruit, des dégâts ont déjà été recensés sur des vignes et des pommiers. Enfin l'hiver, elles essaient de s'introduire sous forme d'essaim dans les habitations.
Et au lieu d'arrêter leur commercialisation, certains ont joué aux aprentis sorciers avec la bête, ils lui auraient enlevé ces ailes et rendu stérile, pourtant nous savons que la nature n'aime pas être contredite, qu'elle sera sa réponse, nous le saurons dans quelques années lorsqu'une espèce mutante fera son apparition ...
Alors à l'heure où l'on parle de préservation de la biodiversité, il convient d'être vigilant dans nos actions d'écologistes. Certes l'introduction de cette espèce semblait une bonne idée pour lutter contre les pucerons tout en réduisant l'utilisation d'insecticides qu'ils soient de synthèses ou non mais à quel prix !
A plus ou moins long terme, nul ne le sait, nous allons peut être provoqué la disparition de nos espèces indigènes au nom de la lutte biologique.
La préservation de la biodiversité passe aussi par nos jardins, laissons la nature faire son oeuvre !
Pour en savoir plus : TERNOIS V. et coll., 2008. Observatoire permanent pour le suivi de la Coccinelle
asiatique Harmonia axyridis (Pallas, 1773) en
France. http://pagesperso-orange.fr/vinc.ternois/cote_nature/Harmonia_axyridis/
22h00 - fin de distribution - 6 paniers sur les bras - La sentence est tombée pour mes
2 complices et moi-même nous avons 12 salades, 6 kg de courgettes autant de tomates, patates et j'en oublie à nous partager.
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