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Le saviez-vous, l'un des prédateurs du puceron est la coccinelle, ou plutôt sa larve...
Dans les années 80, l'INRA a
expérimenté la lutte biologique dans des exploitations agricoles en utilisant une espèce originaire d'asie, harmonia axyridis.
Pourquoi avoir fait ce choix? Bonne question, et bien parce que cette petite bête est bien plus vorace que nos espèces indigènes, allant jusqu'à se nourrir des larves de ces congénères lorsque la nourriture vient à manquer.
Nous aurions pu en rester au stade expérimental, mais c'était sans compter sur l'essort du jardinage biologique dans les années 90.
A cette époque, des sociétés ont eu l'idée de commercialiser des larves de coccinelle pour lutter contre les pucerons dans nos jardins. Parmi ces sociétés, il y a celles qui sont restées sur la commercialisation de souches indigènes et d'autres qui ont retenu la filière axyridis pour une question de rentabilité.
En effet, cette espèce a une autre qualité importante pour le commerce, elle est plus féconde que nos espèces locales, moins sensible au variation de température, donc plus facile à transporter et un élevage est bien plus vite rentabilisé. Et puis elle ne devait pas supporter nos températures hivernales, donc tous les ans au printemps, c'était de nouvelles ventes en perspective !
Et là surprise, cette espèce est devenue commune dans certains jardins de France, même au nord de la Loire.
En soi, cela ne serait pas gênant, si elles n'avaient pas quelques mauvais coté, à l'automne, elles peuvent se nourrir de fruit, des dégâts ont déjà été recensés sur des vignes et des pommiers. Enfin l'hiver, elles essaient de s'introduire sous forme d'essaim dans les habitations.
Et au lieu d'arrêter leur commercialisation, certains ont joué aux aprentis sorciers avec la bête, ils lui auraient enlevé ces ailes et rendu stérile, pourtant nous savons que la nature n'aime pas être contredite, qu'elle sera sa réponse, nous le saurons dans quelques années lorsqu'une espèce mutante fera son apparition ...
Alors à l'heure où l'on parle de préservation de la biodiversité, il convient d'être vigilant dans nos actions d'écologistes. Certes l'introduction de cette espèce semblait une bonne idée pour lutter contre les pucerons tout en réduisant l'utilisation d'insecticides qu'ils soient de synthèses ou non mais à quel prix !
A plus ou moins long terme, nul ne le sait, nous allons peut être provoqué la disparition de nos espèces indigènes au nom de la lutte biologique.
La préservation de la biodiversité passe aussi par nos jardins, laissons la nature faire son oeuvre !
Pour en savoir plus : TERNOIS V. et coll., 2008. Observatoire permanent pour le suivi de la Coccinelle
asiatique Harmonia axyridis (Pallas, 1773) en
France. http://pagesperso-orange.fr/vinc.ternois/cote_nature/Harmonia_axyridis/
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